L'instant
Avant la Testarossa, avant la F40, avant tout ce qui allait suivre, il y a eu la 512 Berlinetta Boxer. Et c'est ici qu'une page se tourne à Maranello.
En 1976, Ferrari prend une décision qui paraît évidente aujourd'hui mais qui ne l'était pas alors : déplacer le V12 derrière le pilote. Jusque-là, les douze cylindres de la maison vivaient sagement à l'avant — Daytona, 365 GTB. La 512 BB renverse l'ordre. Moteur central, boîte de vitesses au-dessus du bloc, architecture en deux étages — un puzzle d'ingénierie pour loger 4,9 litres et leur transmission dans un coupé à peine plus long qu'une compacte actuelle.
Le « Boxer » du nom est techniquement un V12 à 180° — pas un vrai boxer comme chez Porsche, mais le mot est resté. 360 chevaux, douze cylindres à plat, et un dessin Pininfarina signé Leonardo Fioravanti qui combine sobriété et présence rare. Les phares escamotables, la prise NACA dans la portière, la grille arrière soufflée — chaque trait sert un propos.
Sur cet exemplaire passé chez nous, on retient surtout la tenue : une patine d'usage, mais un coupé qui a été pris au sérieux. Les 512 BB sont aujourd'hui définitivement collector — peu d'exemplaires, encore moins en bon état, et un statut historique qui ne se discute plus. Celle-ci a posé pour le journal quelques heures à Etoy, avant de retrouver son garage.








